🌙Murmures au cottage🌙

Depuis ma petite grotte, où le vent fait danser les rideaux, en train de dessiner un galion ancien….


Mon cher ami, ma chère amie,

J’espère que tu vas bien aujourd’hui. Que tu t’es accordé la permission de ralentir, ne serait-ce qu’un instant. Que tu as senti le monde autour de toi sans te précipiter vers la prochaine tâche. Il m’arrive parfois de m’allonger au sol pendant 6 à 7 minutes pour juste regarder le plafond et souffler. Position sur le dos, mains sur le ventre et j’attends. Je t’avoue que l’exercice est particulier surtout la première minute, où ton esprit est en panique…..et en lutte pour faire quelque chose de productif. Mais ces 6-7 minutes de respirations et de détente permettent de laisser au sol, au sens littéral et réel mes tensions. tensions du dos, tensions de l’esprit, respiration oppressée. Cette technique marche plutôt bien, car au bout de 7 minutes le plus dur c’est de se relancer. mais j’y retourne avec un calme plus serein et plus doux.

Pourquoi je te parle de cette technique aujourd’hui? Cette semaine a été étrange. Dense. Remplie de doutes et d’insécurités, comme souvent quand on s’apprête à ouvrir une porte nouvelle, où le chemin reste à tracer. La boutique va bientôt voir le jour, tu sais. Et avec çà mille et une angoisses se présentent à ma porte. J’ai toutes ces questions qui tournent en rond dans ma tête à trois heures du matin. Est-ce que mes créations vont parler à quelqu’un? Est-ce que tout ce travail a un sens? Est-ce que je ne devrais pas faire comme tout le monde et créer quelque chose de plus épuré, de plus minimaliste, de plus… acceptable?

Mon dilemme de la semaine a toujours été d’accepter ce que je suis qui je suis, et de me demander suis je assez….? Mon plus grand rêve c’est de pouvoir me relier, me connecter avec des gens qui ressentent ce que je sens. Et tout le marketing me dit d’aller dans un sens quand mon cœur me crie de rester fidèle à moi même. J’essaie d »éviter tout ce qui est parfait et impeccable, parce que ce n’est pas moi. Ce que je cherche, c’est de raconter une histoire. Une histoire visuelle qui te prend par la main et t’emmène ailleurs. Un univers où tu peux t’immerger, respirer, sentir quelque chose. De la douceur. De la tendresse. De l’amour incarné dans des formes et des couleurs.

J’ai passé des heures à organiser ce photoshoot pour la boutique. À chercher les bons angles, la bonne lumière. Pas pour faire quelque chose de « magazine léché » comme on dit. Mais pour transmettre cette émotion que je ressens quand je crée. Cette sensation d’un monde où l’on prend soin les uns des autres, où la beauté n’est pas dans la perfection mais dans la sincérité du geste.

Dans ce monde qui nous demande d’être toujours plus, toujours mieux, toujours plus exigeants envers nous-mêmes, j’aurais aimé pouvoir te dire que j’ai trouvé la simplicité. Que tout coule de source. Mais je te mentirais. Je cherche encore ma patte. Je tâtonne. J’avance dans le brouillard, en essayant de rester fidèle à ce qui me fait vibrer, même quand je ne sais pas exactement où ça me mène.

On a beau chercher l’excellence dans tous nos actes, le moment parfait, le trait parfait n’existe pas. On peut attendre toute sa vie que les étoiles s’alignent, que les conditions soient idéales, que la peur s’en aille. Mais parfois, il faut juste avancer, le cœur courageux et l’âme ancrée dans notre espoir. Lancer cette boutique même si tout n’est pas parfait. Partager ses créations même si on doute. Oser montrer qui on est, même avec nos failles.

Parce que la magie, elle n’est pas dans la perfection. Elle est dans ces petits riens qui réchauffent le cœur.

Retrouver la confiance dans les petits riens du quotidien

Cette semaine, je me suis ancrée grâce à la beauté du quotidien. Pas celle des grandes réussites ou des moments spectaculaires. Celle qui se cache dans les interstices.

Un bon repas partagé, rien de sophistiqué, juste des saveurs qui te ramènent à l’enfance. Une bonne soupe, un bon chocolat chaud. Faire d’un moment un peu stressant en une rencontre avec table avec vue sur l’océan, où le temps s’arrête le temps d’un café. Puis finir par aller observer ces cabanes en bois flotté que construisent les enfants sur la plage. Ces architectures éphémères qui ne survivront pas à la prochaine marée mais qui portent toute l’imagination du monde? Petite piqure de rappel créer, c’est aussi accepter l’impermanence.

Puis bouger pour se détendre. Sentir le vent sur ton visage quand tu cours le long de la côte, tes jambes qui trouvent leur rythme, ton souffle qui s’accorde avec les vagues. Pas de chronomètre. Pas de performance à battre. Juste la joie pure de sentir ton corps capable d’endurer, d’avancer, de vivre. Tu as le droit de courir pendant des heures sans autre but que celui d’être là, présent dans chaque foulée.

Mes moments préférés de cette semaine? Les oiseaux qui courent sur la plage à la recherche de coquillages, ces petits ballets frénétiques qui te font sourire. Avoir pu voir les marais avec leurs mille miroirs d’eau qui reflètent un ciel changeant. Le vol majestueux des hérons dans les vieux marais délaissés, ces gardiens silencieux d’un monde oublié. Et puis ces arcs en ciel , malgré la pluie qui tombait dru, régulièrement à celui qui cherche les arc-en-ciels apparaissent au réveil comme un bon présage joyeux pour la journée à venir. Comme pour te rappeler que même dans les jours sombres, la lumière trouve toujours un chemin.

Les petites victoires du jardin

Si tu me suis depuis un moment, tu sais que je rénove une maison et j’essaie de transformer un champ à l’abandon, garni de plantes ultra envahissantes, en une oasis fleurie. Deux mois que je n’avais pas réussi à planter mes bulbes et tailler mes rosiers en temps et en heure. Heureusement, nous sommes dans une région au climat doux.

Et puis cette semaine, je l’ai fait. Ça m’a pris du temps, mes mains sont encore marquées par les épines. Mais maintenant, je sais que ces rosiers vont exploser au printemps, que les bulbes aussi. Que ces heures passées à couper, à façonner, à prendre soin, vont se transformer en centaines de fleurs.

Il y avait aussi ce coin du jardin encombré depuis deux mois. Ces déchets, ces vieux pots cassés, cette accumulation de choses dont on se dit qu’on s’en occupera « un jour ». Deux heures et demie pour déplacer, tirer, trier. C’est tout ce qu’il m’a fallu pour tout déblayer. Pas une semaine. Pas une journée entière. Juste deux heures et demie que j’avais évitées par peur que ce soit insurmontable.

Je te parle de ça parce qu’un jour, une coach m’a dit un truc que je partage avec beaucoup d’espoir que ça te serve aussi. Angoissée, je lui avais confié que j’avais du mal à gérer toutes les choses à faire. Et elle m’a répondu simplement : « Écris tout ce que tu as à faire sur une liste. Absolument tout. Et classe par ordre de priorité. Naturellement, la liste va remonter. »

C’est le meilleur conseil que j’aie reçu pour surmonter l’angoisse du trop-à-faire. Parce qu’au fur et à mesure de cocher, de l’urgent au moins urgent, les choses se font sans stress et naturellement. Et même si tu es un peu limite dans les délais, les choses finissent par être faites. Et grâce à çà, j’ai appris à faire confiance au temps, à me lâcher un peu la grappe sur le fait que je devais être toujours 200% , et que les choses se feraient selon leur emploi du temps et pas le mien.

Vivre dans la tendresse

C’est ça que je veux te transmettre aujourd’hui à toi. Cette invitation à vivre dans la tendresse. À remarquer ces petits riens qui réchauffent le cœur.

Parce que dans un monde qui nous pousse à toujours vouloir plus, à comparer nos vies aux vies parfaites des autres, à courir après une perfection qui n’existe pas, ces moments-là sont des actes qui t’aideront à surmonter n’importe quoi.

Prendre le temps de savourer un repas. De regarder l’océan. De sentir le vent. De courir juste pour la joie de courir. De tailler ses rosiers même si ça prend du temps. De débarrasser ce coin du jardin qu’on remet à demain depuis trop longtemps. De se réchauffer avec une bouillotte. De rire avec les enfants.

Ce sont ces gestes-là qui tissent une vie douce. Une vie où l’on n’attend pas d’avoir tout réussi pour être heureux. Où l’on n’attend pas le moment parfait pour commencer. Où l’on accepte d’avancer dans l’imperfection, en faisant de notre mieux, avec amour.

Alors aujourd’hui, j’ai une invitation pour toi. Quand tu auras fini de lire cette lettre, prends un instant. Juste un. Et trouve ton petit rien. Ce détail qui t’a fait sourire cette semaine. Ce moment où tu t’es senti vivant. Cette sensation de douceur qui t’a traversé, même furtivement.

Accroche-toi à ça. Cultive ça. Multiplie ça.

Parce que la tendresse, ce n’est pas un luxe. C’est une façon d’être au monde. Une façon de se rappeler qu’on est vivant. Que la beauté existe encore. Que l’amour est possible, même dans les petites choses.

Et que tu as le droit d’en faire l’expérience.


Je t’embrasse fort depuis ma petite grotte, où les bougies illuminent doucement le soir qui tombe.

Avec tout mon amour,
Camille

P.S. : Cette semaine, offre-toi une heure pour faire quelque chose qui nourrit ton âme. Cours. Jardine. Cuisine. Regarde l’océan. Construis une cabane en bois flotté dans ton cœur. Et rappelle-toi que la magie est là, juste sous tes yeux, dans ces instants de grâce que tu as le droit de savourer.


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