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Le chant du cygne, ou la beauté de la dernière fois

Les symboles des cygnes dans l’art et les légendes: Partie II

Coucou cher cœur solitaire, voici la suite directe de mon premier article sur les cygne set leur mythologie. Si tu prends le train en route voici le lien vers le premier article.

Maintenant que tout le monde est à niveau, reprenons. Il existe une expression que tout le monde connaît sans toujours savoir d’où elle vient : « le chant du cygne ». On l’utilise pour parler de la dernière œuvre d’un artiste, de son plus beau moment avant la fin.

En creusant un peu, j’ai appris que l’origine en est une croyance ancienne : le cygne, réputé muet toute sa vie, chanterait juste avant de mourir un chant d’une beauté insupportable. Ce n’est pas biologiquement vrai, les cygnes chantent, à leur façon, tout au long de leur vie. Mais la métaphore dit quelque chose d’essentiel sur ce que les humains ont projeté sur cet animal depuis des millénaires.

La beauté comme présence totale. L’art comme acte final. La grâce comme façon d’habiter le monde jusqu’au bout. et un chant pour clôturer le tout.

Dans les récits celtiques, et particulièrement dans les Enfants de Lir, les cygnes chantent si bien que même les oiseaux de mer s’arrêtent pour les écouter. La voix comme pont entre l’humain et le divin. Le chant comme ce qui reste quand tout le reste a été transformé ou perdu.

Aujourd’hui, quand je dis que je peins des cygnes, je pense aussi à ça. À cette idée que ce qu’on crée porte quelque chose qui dure. Que les illustrations que je dépose dans le monde sont des chants, à leur manière des formes fixes d’une émotion qui, sinon, s’effacerait avec le temps.

Le Vilain Petit Canard : l’histoire que j’aurais pu écrire

Permets moi une digression ou plutôt, permets moi d’aller au cœur de ce qui m’a le plus parlé dans le symbole du cygne, à la racine de ma rencontre. L’histoire du vilain petit canard. çà peut faire sourire je te l’accorde. Car si beaucoup de gens connaissant cette histoire, on parle peu de sa moralité et de ses enjeux.

Le Vilain Petit Canard d’Andersen. Tu connais, évidemment. L’oiseau différent, trop grand, trop maladroit, qui ne ressemble pas aux autres canards de la basse-cour. Qui se fait rejeter, moquer, chasser. Qui erre de flaque en flaque, solitaire et perdu, convaincu qu’il est laid parce qu’il est différent.

Et puis un jour, en se penchant sur l’eau, il voit un cygne.

Ce qu’Andersen a compris mieux que beaucoup, c’est que le problème n’était pas le caneton. Le problème, c’est qu’il était dans le mauvais groupe. Pas dans la mauvaise espèce, pas dans la mauvaise catégorie d’êtres vivants juste dans le mauvais groupe. A combien d’entre nous est ce arrivé? Quasiment tout le monde. Il cherchait sa place parmi des canards alors qu’il était cygne. Qui a essayé de s’intégrer en échouant continuellement pendant des années? Tout le monde a fait au moins une fois l’expérience douloureuse d’un rejet au sin de groupes. Le sentiment d’appartenance ne vient pas de la résignation ou de l’adaptation forcée. Il vient de trouver les siens. Mais d’abord se trouver soi, de comprendre qui nous sommes avant d’essayer de se trouver dans le regard de l’autre. Et c’est pour çà que la grotte du cygne amoureux a été créé.

Cette histoire me parlait énormément. Pas comme une métaphore abstraite, mais comme quelque chose que j’ai vécu dans mon coeur. Ces années où j’ai eu l’impression de ne pas être à ma place, où j’ai essayé de rentrer dans des cases qui n’étaient pas faites pour moi, où j’ai cru que le problème venait de moi. Et puis le moment où j’ai compris que ce n’était pas que j’étais trop, ou pas assez c’est que je n’avais pas encore trouvé mon lac, ni ma forêt, ni mon étang, ni quoique ce soit que je puisse appeler maison.

Le côté adoption dans le conte d’Andersen me touche particulièrement. Cette idée que la famille qui nous est donnée à la naissance n’est pas forcément notre tribu, que celle-ci peut nous attendre ailleurs, plus loin, qu’il faut parfois traverser beaucoup d’hivers pour la trouver. Même si cette tribu est toute petite… Elle donne de l’espoir dans l’avenir.

Lilo, Stitch et la tribu qu’on choisit

En parlant de tribu…. je m’excuse par avance si cette référence te surprend dans un article sur la mythologie. On dirait aps mais j’ia travaillé pour te l’écrire celui-ci. Il ‘ma demandé du temps. Mais tu me connais maintenant, non ? Je n’ai jamais prétendu séparer le grand et le petit, le noble et le populaire. La vérité se cache partout où les humains racontent des histoires.

Il y a une scène dans Lilo & Stitch de Disney qui me brise chaque fois. Stitch cette petite créature extraterrestre, bleue, agressive, incomprise, conçue pour la destruction est assis seul dans la forêt, la nuit. Il tient dans ses bras un livre. Le livre d’Andersen. Le Vilain Petit Canard. Et il dit, dans ce silence qui dit tout : « I’m lost. » Je suis perdu. Je suis seul.

Juste avant Lilo lui avait dit en lui expliquant que le vilain petit canard n’est pas perdu pour toujours. Qu’il trouve sa famille.

L’évocation de ce moment, de cette scène depuis que je suis enfant me serre le coeur. Parce que l’on est tous perdus à un moment de notre vie, que ce soit amicalement, professionnellement, ou familialement. Mais aussi parce qu’elle dit quelque chose d’essentiel : la famille, ça ne se choisit pas toujours dans le passé, dans ce qu’on a reçu, dans les liens du sang. Parfois, ça se trouve. Ça se construit. Vers l’avant, pas seulement vers l’arrière. Et Ohana cette phrase que tout le monde connaît, « personne n’est laissé derrière » c’est une promesse de tribu. Une promesse que quand tu trouves les tiens, ils te gardent.

C’est exactement ce que je mets au cœur de mon podcast, de mes illustrations, de tout ce que je crée ici dans cette grotte. L’appel à trouver sa tribu. La certitude que ce sentiment d’être à sa place existe quelque part, même quand on a passé des années à douter qu’il nous soit accessible. Pour que quiconque au coeur doux et sensible puisse trouver une place dans un monde dur et agressif.

Et le cygne cet oiseau qui navigue entre les mondes, qui est sacré dans presque toutes les cultures, qui forme un cœur avec son partenaire, qui chante sa plus belle mélodie avant de partir le cygne dit la même chose que Lilo, que Stitch, que le vilain petit canard : ta tribu existe. Cherche-la.

Kung Fu Panda et la leçon du parchemin vide

Puisqu’on est dans les références qui m’habitent (de folie), il faut que je te parle d’un autre passage de dessins animés, Kung Fu Panda qui m’a marquée à vie. Je ne m’en excuserai pas davantage. J’avais une vingtaine d’années quand il est sorti. Je ne m’attendais pas à grand chose, mais en tout cas pas à m’identifier autant à ce gros panda amical. Po c’est le panda, qui est maladroit, qui rate un peu tout, qui est dans son monde, et le monde réel lui semble bien fade avec son imagination débordante.

Hormis la narration qi est géniale, il y a un moment spécial quand son père Po lui révèle enfin le secret de la Soupe Spéciale cette soupe dont il dit depuis des années qu’elle a un ingrédient secret. Et le secret, c’est qu’il n’y en a pas. « Pour que quelque chose soit spéciale, il suffit de croire qu’elle l’est. »

Le Maître Oogway dit la même chose avec le Parchemin du Dragon : il est vide. Pas parce qu’il n’a rien à dire, mais parce que le secret du guerrier dragon, c’est toi. C’est ce que tu es déjà. Et cette idée du reflet de cette reconnaissance d’un cygne en lui a été un moment phare dans l’idée de mon développement personnel et artistique….. Comme je vous dis le puzzle s’assemble et grâce à une longue lignée de créateurs qui ont balisé le terrain pour çà….

J’y reviens souvent, à ce passage. Quand je doute de la légitimité de mon entreprise, de faire choix de crée run refuge et mes univers qui sont un réel engagement dans une direction singulière, de vous raconter des images qui racontent plus que des jolies images, c’est la singularité du cygne en moi qui s’exprime et qui continue à chercher les siens dans le brouillard, le pluie, le vent et les tempêtes. mettre cet animal au centre de mon art et de mon identité. Et je me questionne quand au est ce moi qui l’ai choisi, ou si c’est lui qui m’a choisie. Cette frontière est souvent floue, non ? C’est parce que quelque chose en lui me correspond si profondément que ce choix ne peut pas être un hasard.

La confiance en soi ne vient pas d’une validation externe. Elle vient de cette reconnaissance tranquille : oui, c’est moi. Oui, c’est ici. Et oui on y va! Est ce que cet article te parle? n’hésite pas à ouvrir le sujet.

Avec tout mon amour

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