
Journal de La Grotte du Cygne amoureux
Cher journal,
Je t’écris un peu en retard, la veille de la mise en ligne de la nouvelle collection. yeah me! Comme toujours. çà fait quasiment un mois que je n’ai pas publié ici. Prise un peu dans la tornade du quotidien. Comme toujours ces derniers temps, il semble que le temps me file entre les doigts, mais les rêves persistent jusqu’à l’aube et nous amènent à bon port malgré tous les détours et les bousculades de la vie.
Ces derniers jours je me suis sentie vidée, parce que la vie a fait ce qu’elle fait de mieux, elle complique les choses les plus simples, en nous mettant parfois des bâtons dans les roues pour inciter à changer direction. Mais je pense aussi pour voir si tu vas continuer à tenir ta barre sur ton cap. En gros, sur ce qui compte le plus au monde pour toi, c’est à dire souvent là où tu essaies de créer. Je le perçois comme une preuve ultime. Celle de savoir, quelle est la véritable valeur que tu mets dans ton œuvre. Savoir si tu vas finir par lâcher à la moindre épreuve, ou si tu chasseras et finiras par te faire amie avec les dragons sur ton chemin pour t’envoler vers ton rêve…
C’est pour toutes ces raisons que cette collection qui devait être de celle de la Saint-Valentin est devenue une collection d’amour en toutes saisons, celle de l’amour et la tendresse, et sort en mai. Peut-être avait-elle besoin de murir. Et finalement, tu sais quoi? C’est tout aussi bien aussi comme ça. Parce que l’amour, lui, il n’a jamais attendu février pour se manifester.
Il est là depuis toujours, chaque matin, dans cette tasse préparée avant que tu te réveilles. Il est là, dans ce message qui arrive exactement au bon moment à ton destinataire, celui même que tu mets des heures avant de te décider à…. Il est là sur les genoux d’une vieille dame et une tasse de chocolat en poudre mal mélangé qui avait le goût du meilleur endroit du monde. Celui de l’enfance. Celui des réveils au doux bruit des tourterelles et d’une lumière dorée… symbole de vacances d’été… Il est là dans les murmures qui émanent de deux filles allongées dans un champ qui rient de rien et de tout. Il est là dans une lettre écrite à la main parce que certaines choses méritent mieux qu’un écran, même si parfois il faut s’en contenter.
En regardant dans mon cœur ces moments importants, je me suis lancée dans cette quête de moments paisibles mais si essentiels. Je pense souvent à la mort en ce moment, (merci pour le côté morbide, sorry!) et je me projette à la fin, et je me dis ce que je ne regretterais vraiment pas, c’est d’avoir vécu mes sentiments à 100%, être assurée avoir distribué de beaux souvenirs. De beaux moyens de connexion entre humains. ce n’est qu’un modeste projet et surement insignifiant mais c’est un choix parmi tant d’autres.
Parce que ces petits moments, on oublie trop vite. Ces instants qu’on traverse sans réaliser qu’on est en train de vivre quelque chose d’irremplaçable. Ces gestes simples qui sont en fait les plus grands et les plus importants. Je crois que je vieillis vraiment dans ma tête en ce moment. Mais les mains tenues, les repas cuisinés, les mots murmurés au creux de l’oreille, les rires, les souvenirs qui réchauffent les jours sombres quand on ne sait plus très bien pourquoi on fait ce que l’on fait, et bien çà nous fait continuer.
Parce qu’on a besoin de tendresse. Plus que tout au monde, plus que du temps ou des posessions.
Dans un monde qui divise, qui hurle d’avancer plus vite et toujours mieux, eh bien l’amour rassemble. Pas la perfection, pas un idéal atteint, pas un énième trophée qui prendra la poussière, mais la tendresse des choses à leur place, la tendresse qui rappelle ce qui compte. Celle qui dit reste quand tout pousse à fuir.
Et les mots doux, ceux qu’on garde trop longtemps pour soi, dans nos poches, dans des carnets, parce qu’on ne sait pas comment les dire, ils méritent d’exister. Sur du papier. Dans une enveloppe. Entre les mains de quelqu’un qui les attend sans le savoir.
C’est pour ça que cette collection existe.
Pour toi qui penses à quelqu’un sans jamais pouvoir le dire, que ce soit un manque d’amour, de tendresse, ou un amour contrarié. Pour toi qui veux être la version la plus tendre de toi-même pour les gens que tu aimes. Pour toi qui sais qu’il faut aimer sans filet, sans retenue, même si ça brûle et surtout si ça finit par te brûler, parce que chaque grand amour mérite d’être vécu jusqu’au bout. Et même si on porte les cicatrices littéralement pour certains sur notre peau, on apprend.
Le changement, ce n’est pas demain, il réside dans aujourd’hui, dans cette intention, dans ce geste, dans ces maladroits doux et bienveillants que tu choisiras pour noircir ces cartes, ces mots que tu vas enfin écrire.
Mon amour et ma tendresse sont immenses parce que tu es là, à me soutenir, et que tu me donnes de l’espoir, l’espoir qu’un jour notre arbre soit si grand qu’il illumine la forêt d’un refuge amoureux. Alors c’est avec encore un grand merci à toi que je te dis à demain pour un lancement qui m’aura fait perdre quelques cheveux en espérant qu’il confortera ton cœur dans les moments où tu as besoin de cette tendresse.
Avec tout mon amour,
Le cygne amoureux

