Il y a des choses qu’on ne choisit pas. Des virages techniques, inattendues et giga frustrants qui nous obligent à lâcher prise. Des moments où l’univers nous dit : « Pas comme ça. Autrement. Recommence » et l’on se dit quoi encore?
Tu sais ce moment où tu construis quelque chose avec tout ton cœur, où tu y mets tes nuits, tes doutes, tes espoirs… et où soudain, un problème technique te force à tout repenser et balayer un tout petit le travail de SEO depuis un an?
C’est ce qui m’est arrivé avec « Le Cygne Amoureux ».
En janvier, je devais changer d’hébergeur pour ouvrir la boutique et avoir un domaine complet que je puisse gérer de A à Z. Du coup, j’ai appelé le service en question qui m’a dit que la migration était impossible en l’état hormis au prix de deux collections complètes que je sacrifiais pour gagner deux semaines de travail. Mes deux collections sur les 5 que je veux sortir cette année qui étaient finies. La seule solution restante acceptable c’était de refaire le site pour ouvrir la boutique. Oh oui ne t’inquiète pas j’ai râler! Je me suis assise par terre ultra lasse. .J’ai regardé le plafond très très longtemps. J ai eu le goût de l’échec bien en travers. Mais j’ai aussi entendu quelque chose. Comme un murmure. Comme à chaque fois….. Comme si tous ces couples à distance, toutes ces femmes et ces hommes qui attendent, qui tiennent bon, qui aiment à travers les océans… me disaient : « Ne t’arrête pas. Change juste de forme. » J’ai entendu à nouveau mes personnages me pousser en avant. Les mots du vétéran résonnaient. Des proches « tu es allée trop loin pour te retourner », « adapte toi ». La foi, ce saut dans le vide encore une fois, j’en prends tellement depuis un an. Mais tu sais quoi? Rien ne peut être réglé par un p’tit coup de Hans Zimmer. Et c’était reparti.
Quand une grotte devient un sanctuaire
« La Grotte du Cygne Amoureux. »
çà peut sonner dur à l’oreille. Moins doux que le cygne amoureux. Mais ce n’est pas juste un nouveau nom. C’est un lieu. Un espace où résonnent toutes les histoires qu’on n’ose pas raconter à voix haute. Toutes ces nuits où tu fixes ton téléphone en espérant un message. Tous ces départs qui déchirent. Toutes ces retrouvailles qui réparent. Tous ses doutes, ses peines, ses joies, cette envie de crier et de trouver un écho….. et une grotte c’est parfait, avec un peu d’huile de coude et c’est parti.
Tu vois, une grotte, c’est inattendu. C’est caché. Ce n’est pas visible par tout le monde, mais pour ceux qui savent voir au delà des apparences. Car dedans, il peut y avoir une beauté incroyable, pour celui ou celle qui sait regarder. Des stalactites qui brillent dans le noir. Des échos qui portent loin. Le clapotis de l’eau. L’eau sans début sans fin. Des refuges où l’on peut souffler, où l’on peut pleurer, où l’on peut croire encore, même si c’est quelques instants.
Dans cette grotte j’imagine des retrouvailles d’amoureux aux rendez vous contrariés, des soirées à la lueur de bougies, des shanties, l’écho du chant des baleines, des dessins gravés à même la pierre, des coffres abandonnés, et des héros ridés par le vent et la mer qui y viennent déposer des souvenirs, une dernière fois….
C’est exactement ce que je vis, et qui est vécu par tous les amours à distance, par les femmes de militaires, de marins, et toux ceux qui ont leur moitié loin d’eux….. Elles, et ils, tous ses conjoints qui créent de la beauté dans des endroits improbables et qui restent. Ces cygnes bâtissent leur foyer avec ce qu’ils ont. Parfois dans une caserne. Parfois dans l’attente. Toujours dans l’incertain.
Et moi, je voulais leur offrir ça : un lieu où leurs chants trouvent enfin un écho, notre écho.
Mon voyage jusqu’ici (et tu es dedans aussi)
Il y a un an et demi, j’ai commencé ce projet. Seule. Littéralement seule.
Mon mari fait des allers-retours. Il rentre pour quelques jours, puis il repart. Entre deux missions, il retape cette maison avec moi. Parce qu’il veut que ce soit un havre. Un lieu de paix et de tendresse où il peut enfin respirer.
Tu comprends ce que ça signifie ? Construire un refuge pendant qu’on vit l’absence, c’est peindre l’amour dans toute la splendeur de l’espoir, pendant qu’on le vit à distance. Créer la beauté pendant qu’on répare les murs, les cœurs en silence.
Certains jours, je t’avoue je me suis sentie stupide. Qui suis-je pour raconter ces histoires ? Qui suis-je pour parler de cette communauté de toutes ces femmes qui tiennent bon, malgré le fait que j’en fasse partie ?
Puis je me suis souvenue de ce vétéran. Celui dont je t’ai déjà parlé, dans ma page à propos. Celui qui, le jour de son départ à la retraite, n’a pas parlé de ses exploits mais de sa femme. De l’amour au cœur de l’engagement.
Il était le premier cygne amoureux que j’ai rencontré. Parce qu’il y a eu les autres. Discrets mais présents et leurs mots m’accompagnent chaque jour depuis leurs passages en étoiles filantes dans ma vie.
Ils m’ont donné l’élan, et je suis juste celle qui a décidé de ne plus attendre « plus tard ».
Celle qui a dit : « Si je ne le fais pas maintenant, qui le fera ? »
Ce qui ne change pas (et ce qui grandit)
Le Cygne Amoureux reste mon nom d’artiste. Parce que c’est qui je suis. Une amoureuse qui croit encore. Une femme qui peint des histoires de séparations et de retrouvailles. Une illustratrice qui essaie de transformer l’attente en espoir.
Mais La Grotte du Cygne Amoureux ? C’est plus grand que moi.
C’est un lieu pour toi. Pour celle qui lit ces lignes en se disant : « Personne ne comprend. » J’en ai marre de ces moldus de civils et qui ne trouvent pas sa place. Pour celui qui attend le retour. Pour tous ces couples qui aiment à travers les tempêtes et qui ont besoin d’entendre : « Vous n’êtes pas seuls. Votre histoire mérite d’être racontée. Votre amour mérite d’être vu. »
C’est un lieu où on se réfugie quand c’est trop dur. Où on vient chercher un peu de beauté quand tout semble gris. Où on laisse son chant résonner dans l’univers en espérant qu’il trouve un écho.
L’espoir d’une fin heureuse
Tu sais ce qui me porte chaque jour ?
C’est l’idée que quelque part, une femme, un homme, un conjoint, va tomber sur une de mes illustrations. Elle va reconnaître son histoire. Elle va se sentir moins seule. Elle va tenir un jour de plus, et ce jour de plus fera peut être toute la différence.
Parce que oui, je crois aux fins heureuses. Même dans les tempêtes. Même dans l’attente. Même quand c’est long et que ça fait mal.
Je crois que l’amour qui survit à la distance est le plus beau. Je crois que les moments de paix réparent vraiment tout. Je crois que nos chants, même murmurés dans le noir d’une grotte, finissent toujours par trouver la lumière.
Alors bienvenue. Bienvenue dans La Grotte du Cygne Amoureux.
Bienvenue dans ce refuge que je construis pour nous. Pour toi. Pour toutes ces âmes qui aiment trop fort et trop loin. J’accueille ce nouveau chapitre avec toute la tendresse qu’il mérite. Avec la joie de continuer à peindre pour toi. Avec la certitude que nos histoires ont leur place dans ce monde.
Et si tu es ici, c’est que tu en fais partie.
Ton histoire résonne déjà dans ces murs.
Avec tout mon amour,
Camille














