Les symboles des cygnes dans l’art et les légendes: Partie III
Et voici la troisième partie de cette micro série d’articles assez spéciale…. Et je finis cet article de plusieurs pages par la fidélité….Parce que l’on n’écrit pas sur les cygnes sans parler de fidélité. Cette valeur que j’ai mise au cœur de mes collections, j’en ai faif mon slogan en attendant le retour de l’être aimé, un amour fidèle. Tu l’as peut-être remarqué dans les Mariées du Cottage, dans l’Amour à Distance/ Poudreries et pétales, dans tout ce que je crée en fait.
Les cygnes sont, dans leur immense majorité, monogames. Ils forment des couples durables, parfois pour la vie entière. Et quand deux cygnes nagent côte à côte, leurs cous se courbent l’un vers l’autre et forment naturellement la forme d’un cœur. Ce n’est pas une invention poétique. C’est la réalité de cet oiseau, offerte sans artifice, et dans toute sa beauté.
Dans de nombreuses représentations symboliques héraldique, enluminures médiévales, art romantique on les représente reliés par une chaîne en or. Deux âmes liées. Une alliance divine, pour reprendre une belle expression que j’ai rencontrée dans mes recherches.
C’est aussi pour ça que le cygne est devenu l’emblème de tout ce que je dessine. Femme de marin, on a très peu d’histoires d’amour qui tiennent. les nôtres sont souvent liées au fiasco de l’absence avec tout ce que çà inclus ( charge mentale, saut à la corde h24, she hulk et compagnie….). Etant une incorrigible optimiste, j’ai créé aussi ce refuge comme un abri, celui du cygne amoureux avec ses milles histoires pour tenir quand j’en aurais eu besoin. Quand ON en aura besoin. Quand j’en aurais désespèrement besoin. Parce que je crois dans ces amours qui tiennent. Je crois que çà peut être possible de trouver sa famille, son amour et de s’y tenir. C’est un choix chaque jour, qui peut être douloureux et joyeux. Dans un monde qui nous dit tous les jours que tout peut être remplacé et facilement que reste t il? Les liens humains ne s’achètent pas. Ils résistent aux distances, aux absences, aux mutations, aux années. L’amour à distance, la fidélité comme choix renouvelé chaque jour c’est le territoire que j’explore dans mon travail depuis le début, et le cygne en est le gardien naturel.
Wagner l’avait compris lui aussi. Dans son opéra Lohengrin, le chevalier mystérieux arrive sur les eaux tiré par un cygne blanc. Il est le protecteur, le défenseur de l’aimée. Et le cygne porte cet amour comme une promesse.
Et si la beauté était aussi une forme de courage ?
Il y a quelque chose que je voulais te dire depuis le début, et que j’ai gardé pour la fin et je pense conclure mon article comme çà.
Dans notre monde, parfois, revendiquer de la beauté, s’en réclamer, la créer et la mettre au monde est perçu comme une forme de superficialité. Comme si seul ce qui est utile, efficient, pragmatique méritait d’exister pleinement.
Le cygne nous dit le contraire. Depuis des millénaires, toutes les cultures qui l’ont regardé ont reconnu en lui quelque chose d’essentiel : que la beauté n’est pas décorative. Elle est sacrée. Elle est un langage. Elle communique des choses que les mots ne peuvent pas atteindre.
Le cygne blanc symbolise la pureté, oui. Mais aussi la lumière. Cette lumière qui traverse les forêts du nord, qui rebondit sur les lacs gelés de Scandinavie. Lumière que tu as pu chercher partout autour de toi sans la rencontrer. Lumière que j’ai cherchée pendant des années dans mes voyages et que j’ai fini par retrouver dans mon atelier qui sent la peinture. Parce qu’elle a toujours été là, elle était en moi. Et c’est un choix que de la préserver à travers ces années les difficultés et les épreuves. Si tu as atterri sur mes articles tu sais que cette lumière est en toi. Alors crois en toi, déploie tes ailes, vole dans le vent et va chanter ton plus beau chant.
Ma grotte, mon cygne, ma tribu
Alors voilà pourquoi je dessine des cygnes.
Parce qu’ils sont beaux d’une beauté qui ne s’excuse pas. Parce qu’ils portent des millénaires de mythes et de symboles que j’ai mis des années à comprendre. Parce qu’ils parlent de fidélité cette valeur que j’essaie d’incarner dans tout ce que je crée et dans la façon dont j’aime. Parce qu’ils sont des passeurs entre les mondes, et que moi aussi, dans mon atelier, j’essaie d’être un pont entre ce qui est vu et ce qui est ressenti.
Et parce qu’ils me rappellent que trouver sa tribu n’est pas une promesse naïve. C’est quelque chose qui arrive, à ceux qui traversent leurs hivers sans abandonner l’idée que le lac existe quelque part.
Si tu es là, à lire ces mots, dans la grotte du cygne amoureux, c’est peut-être que tu es une des miens. Que quelque chose dans cet univers t’a reconnue, t’a dit : viens voir, il y a quelque chose pour toi ici.
Bon. Je crois que c’est le chant du cygne le plus long que j’aie jamais écrit.
Merci de l’avoir lu jusqu’ici.
