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Poursuivre ses rêves quand tout semble flou

Lettre du dimanche – par Le Cygne Amoureux

Il y a des semaines comme ça, comme celle que je viens de passer. Tu connais le rouleau compresseur joyeux ? Nous y voilà ! Cette semaine j’ai lancé la collection que j’attendais de tout mon cœur, l’ancienne collection qui devait être celle de la Saint-Valentin, qui est devenue Amour et Tendresse, juste celle-ci et pas celle que j’attendais. Elle, elle sera l’année prochaine, parce que, comme tu le sais, l’amour est une grande aventure chez moi, aussi bien de le trouver, de le garder, de le bichonner et de le répandre.

Des semaines à travailler dans le brouillard, qui ont fini en crise de larmes à un moment, trop plein, trop de tension, trop de questions… et des « Je n’y arrive pas ! » Ce genre de moment où tu sais que tu vas y arriver sans savoir où va se poser ton pied… Dans ces moments, ce qui me désespère, c’est la capacité humaine à aller et produire, à trouver des solutions à une allure presque inhumaine, presque trop prononcée, mais l’on agit de vive voix, le cœur vaillant malgré les bras tombants ! Tu donnes, tu crées, tu construis, tout en étant arbitre d’un match en direct entre ton esprit et ton cœur, où tout le monde est à 30 A et personne n’en sort vraiment vainqueur.

Est-ce que tout ça en vaut vraiment la peine ? Est-ce que je vais y arriver ? Ne suis-je pas en train de faire preuve d’entêtement aggravé ? Est-ce que poursuivre mes rêves, c’est vraiment à ma portée ? Ne me suis-je pas fourré le doigt dans l’œil quelque part ?

Je t’écris depuis ce poste, aujourd’hui. Celui un peu plus confortable où le projet ne m’appartient plus, il est lancé quelque part comme une bouteille à la mer avec une prière pour qu’il trouve bon port.

Parce que cette semaine a été intense. Parce que le lancement de ma nouvelle série illustrée m’a pris plus que ce que j’avais anticipé, dans l’énergie, dans les émotions, dans ce drôle de vertige qu’on ressent quand on expose quelque chose qui nous ressemble vraiment. Et même si je suis contente de voir mes illustrations trôner sur Instagram, sur mon blog, ma boutique qui a d’ailleurs un nouveau logo panier ! Merci à celles qui font tout pour que ça marche ! Dans des espaces que je n’aurais pas imaginés, il y a encore quelques mois, eh bien, il m’a presque fallu toute la semaine pour m’en remettre.

Je suis sûr que tu as déjà vécu ça aussi.

Quand le rêve arrive, et qu’on ne sait pas quoi en faire

C’est une sensation étrange, que peu de gens racontent honnêtement. On parle souvent de la peur d’échouer. Mais on parle rarement de ce moment suspendu où le rêve est là, pas aussi parfait qu’on l’avait imaginé, pas aussi grand, pas aussi bruyant, et où on se demande si c’était bien ça qu’on voulait. Ça m’est arrivé deux fois récemment, la première fois quand j’ai couru mon semi-marathon… L’instant d’après, des mois à préparer ce moment, et en franchissant la ligne d’arrivée, j’étais contente, mais absente… un peu désincarnée, désorientée. Je n’ai jamais douté de ma volonté de franchir la ligne d’arrivée, tout a été calculé, analysé pour y arriver. Toute ma stratégie de course a été pensée pour y arriver. Mais… ce silence dans ma tête et dans mon cœur me questionnait. La deuxième, c’est maintenant sept mois après… J’en suis pile là où je le souhaitais niveau calendrier, énormément de pain sur la planche, mais c’est normal. J’ai visé très haut pour cette année.

mais j’en suis là, la fille complètement à côté de ses pompes face à la montagne abattue et l’absence de satisfaction post-lancement. C’est bien ce que je voulais. La réponse, je crois, c’est oui. Toujours oui. Mais le chemin pour l’accepter demande du temps.

Parce que poursuivre ses rêves, ce n’est pas seulement courir vers quelque chose. C’est aussi apprendre à accueillir ce qu’on trouve en arrivant. s’asseoir, paisiblement, avec l’imperfection qui nous appartient. C’est se donner les mots pour diminuer les maux, doucement mais fermement : « Je l’ai fait. Dans ses imperfections, mais je l’ai fait. On y est. Et maintenant ? J’avais cette sensation que je n’ai jamais réussi à apprivoiser en atteignant les hauts sommets en randonnée/alpinisme. Aujourd’hui si je t’écris, c’est pour te dire que là et maintenant peuvent attendre, car la satisfaction, celle d’être allée jusqu’au bout, personne ne peut te la retirer et mérite d’être célébrée au moins quelques instants.

Du coup, je me suis offert un joli pull chenille pour m’enrouler dedans… forcément en vieux rose.

Ce que j’ai appris cette semaine sur la création

Mes mains étaient sur le projet en cours. Mon esprit, lui, était déjà sur le suivant.

C’est épuisant, ce jonglage-là. Et pourtant, c’est aussi ce qui me fait avancer. Cette impatience qui piétine, qui veut déjà dessiner la prochaine histoire avant même que celle-ci soit terminée. Ce n’est pas de l’instabilité, c’est la marque de signature d’un cerveau qui aime créer, imaginer et qui saute tel une bille de flipper sur la prochaine propulsion. D’un cœur qui a trop de choses à donner pour s’arrêter trop longtemps sur un obstacle.

Mais j’ai aussi réalisé quelque chose d’important, cette semaine. Qu’on ne peut pas vraiment poursuivre ses rêves si on ne sait pas s’arrêter pour regarder ce qu’on a déjà accompli. Pas par vanité, ou par fierté, mais par sensation d’être le plus juste envers soi-même.

Alors je me suis arrêtée, pour contempler, pour regarder, pour parler à la femme que j’étais hier, à la petite fille pour lui dire : « Oui, on l’a fait, non c’est pas parfait, mais tu sais quoi, ça existe. » parler aux fantômes d’hier pour célébrer ceux de demain. Le cœur et l’esprit enfin ensemble pour quelques instants. J’ai regardé mes illustrations, j’ai relu les messages que vous m’aviez envoyés, j’ai posé les mains sur mes carnets. Et j’ai respiré, chose que j’ai oubliée. Car depuis que je me suis lancé dans cette aventure, mon cerveau ne fait que jongler d’étapes en étapes, de suites logiques en to-do lists… et j’en ai oublié la magie qui m’a fait atterrir là.

C’est peut-être ça, le vrai carburant de nos rêves. Non pas l’urgence de toujours faire plus, mais la capacité à se nourrir de ce qu’on a déjà créé. Et de se retourner et de se dire bravo chère amie… Viens, on va prendre un goûter sous le cerisier.

Pour toi qui doutes en ce moment

Je ne sais pas où tu en es aujourd’hui.

Peut-être que tu es au tout début de ton aventure, d’un projet qui te tient à cœur, en plein dans l’organisation de ton prochain chapitre… Tu portes peut-être un rêve encore fragile, tu souffles gentiment sur les braises de l’avenir d’un monde meilleur, d’une nouvelle vie. Tu ne sais peut-être pas par où commencer, et le monde autour de toi ne semble pas vraiment comprendre ce que tu veux construire.

Peut-être que tu es en plein milieu, tu travailles, tu avances, mais tu as l’impression que rien ne bouge, que le temps s’écoule et que tout ça ne mène nulle part. Tu as envie d’arrêter, mais le diamant est plus proche que tu ne le penses, car il est dans ton cœur.

Ou peut-être que tu es comme moi cette semaine, quelque chose vient de se passer, quelque chose de beau et de réel, et tu ne sais pas comment le recevoir. Tu danses avec cette jolie image, cette création sans savoir comment valser sur le tempo… Alors souffle et respire. Demain on trouvera une solution, aujourd’hui c’est célébrations.

Dans tous les cas, poursuivre ses rêves n’a pas besoin de ressembler à ce qu’on voit partout dans le monde. Rien n’est linéaire, ta ligne sera tienne tant que tu te laisses guider par la joie… Il suffit que ce soit vrai. Mais surtout il suffit que ce soit tien.

L’année zéro, et ce qu’elle m’apprend

Cette année, mon calendrier est chargé comme jamais. Pourtant que je l’ai fait, tout semblait parfait, faisable, je l’ai fait selon une méthode connue. Mais le temps a fait son œuvre, je n’ai jamais eu autant de pépins sur tout… Et une amie m’a dit quelque chose de juste, m’a dit : c’est ton année zéro, pas la une, juste celle de la plantation. Cette idée ne m’a pas quittée depuis l’année zéro. On pense souvent commencer à l’année une, celle où tout démarre, mais en effet planter des graines demande quelques saisons de plus… pour me reposer l’année suivante. Une année de création à bloc, pour une année de légèreté après. Je n’ai pas de déménagements cette année, pas de grosses rénovations, donc l’esprit libre… le quotidien est plus doux,

C’est une logique que j’ai mise du temps à accepter. Parce que quand l’on poursuit ses rêves, on a souvent l’impression qu’il faudrait que tout arrive maintenant. Que si ça tarde trop, c’est qu’on s’est trompée de chemin. Ou pire pour les anxieux, je peux peut-être mourir avant… d’avoir accompli quoique ce soit et le temps passe…

Mais non, fais-toi confiance, en ton temps, en ton rythme, certains rêves ont besoin d’une saison entière avant d’éclore. Certaines graines germent dans le noir, longtemps, avant que tu ne les voies pointer au-dessus de la terre. Et ce qui est extraordinaire dans cette attente, si on arrive à la traverser avec douceur, c’est qu’elle fabrique quelque chose. De la profondeur. De la solidité. Une racine plus solide pour ce qui vient. Un cœur plus fort, plus doux et encore plus accueillant au changement, le temps devient notre ami. On en fait ce que l’on choisit d’en faire, et même cinq minutes par jour finiront par faire quelque chose…

Ce qui me fait avancer

Ce qui me fait avancer en ce moment, c’est une chose simple.

La liberté de créer tout ce que je veux, et l’envie de planter des fleurs dans les cœurs des autres.

Ce n’est pas bien compliqué de savoir que j’apporte une touche d’emagie à ceux et celles qui me découvrent en profondeur, me donne cette étreinte du soir dont j’ai tant besoin, celui d’avoir une satisfaction, d’avoir une mission accomplie. Pas besoin d’une stratégie parfaite, d’un plan sur cinq ans, d’une vision ultra-claire, même si c’est nécessaire, mais pas l’essence du projet comme beaucoup le pensent… La nuit dans l’obscurité reste cette flamme : dessiner, rêver, partager. Et croire que quelque part, ce que je crée atterrit exactement là où il le faut, dans un cœur La petite fille que j’étais saute de joie et l’adulte que je suis devenue la prend dans ses bras. Et c’est suffisant pour avancer.

C’est peut-être aussi ça, aussi ton moteur, un rêve d’enfant. M’Archer à côté de celle que tu as été et la guider dans un monde qui lui ressemble pour que demain soit plus doux. Cette chose toute simple qui te fait te lever le matin, même les jours difficiles. Ce fil ténu mais résistant qui relie ta vie d’aujourd’hui à la vie que tu veux construire.

Tire dessus, doucement. Il tient, et tu verras que la joie et l’enthousiasme reviendront… et que les tracas finalement en valent la peine.

Ce que je t’offre cette semaine

Si toi aussi tu traverses une de ces périodes d’entre-deux, où tu travailles sans vraiment voir les résultats, où tu doutes de la direction que tu as choisie, je t’invite à venir te poser dans mon univers.

Mes collections illustrées sont faites pour les cœurs qui ont besoin de beauté pour continuer. Chaque dessin est une histoire. Chaque histoire est une petite lumière. Et si tu cherches quelque chose de plus profond, quelque chose qui te ressemble vraiment, tu peux aussi me confier la tienne. Je dessine des illustrations personnalisées pour immortaliser ce qui compte, ce qu’on ne veut pas perdre, ce qu’on veut enfin célébrer.

Enfin, si tu ne l’as pas encore fait, écoute Murmures au cottage, mon podcast. Parce que poursuivre ses rêves, ça va mieux quand on sait qu’on n’est pas seule à le faire.

Comment tu le vis, toi ? Est-ce que tu es en train de lancer quelque chose ? De douter de quelque chose ? D’attendre que quelque chose arrive enfin ? Raconte-moi…

Ces lettres du dimanche existent pour ça, pour qu’on soit moins seules dans notre quête de beauté, de sens, de vie qui ressemble à nos rêves. Je lis chaque message. Je réponds quand je peux. Mes mots t’accompagnent partout où tu iras.

Avec toute la tendresse du Cygne,

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