
Un soir tant attendu, une tasse de thé et un apriori vite balayé
Je dois te faire une vraie confidence. J’étais super excitée à la sortie de top gun 2. j’avais adoré le un étant plus jeune. On avait d’ailleurs choisi la musique take my breath away pour mon mariage avec mon amoureux à l’époque, avant qu’il devienne officiellement mon mari. Bah oui, venant de Rochefort c’était quasiment obligé! Si tu me lis régulièrement ici, tu connais par cœur les contours de mon univers. Tu sais que mes refuges habituels se trouvent plutôt entre les pages écornées d’un roman classique, dans la vapeur bienfaisante d’une tisane chaude, et le grain d’un papier à dessin un peu épais. La facette que je te montre c’est principalement mon cœur, qui attire la douceur, la poésie du temps long, en quête constante d’un réenchantement simple dans une vie de baroudeur. Mais j’adore aussi les films d’action. J’adore l’énergie qu’il s’en dégage. Surtout les films un peu à l’ancienne , entre 2000 et 2015. tout simplement parce que çà me vide la tête. Et çà se finit plutôt bien. promesse d’un moment de détente mérité pour un cerveau en surchauffe.
Alors soyons très honnêtes : sur le papier, un blockbuster hollywoodien à très gros budget, gorgé de kérosène, de réacteurs qui hurlent, de lunettes miroir et d’explosions spectaculaires… .On signe pour. Même si pendant des années, dès qu’on me parlait de films d’action ou d’aviation militaire survoltée, c’est pas forcément ma tasse de thé, où je leur préfère volontiers la saga transformers…. Mais ayant adoré le premier opus….. je me suis dit cool la suite. On a malheureusement pas pu le voir au cinéma encore une fois. On l’a découvert sur le canapé du salon! Mais quel frisson!
On s’était gardé cette petite pépite pour ce genre de journée que tu connais sûrement. Celle où le travail s’est étiré sans fin, où la fatigue s’est accumulée, où la maison demande une énergie infinie et où le budget de la semaine t’impose une petite moue soucieuse. Alors on a tout prévu, pop corn, pizza maison, et soirée en amoureux en pyjama. Je me souviens de ma surexcitation à l’ide de le voir enfin. je me souviens d’ailleurs avoir sauté sur le canapé. Mon mari pas super emballé à regarder un film avec une histoire d’amour. Mais je le sentais bien!
Puis on a appuyé sur lecture. Et pendant deux heures, je me suis retrouvée le corps droit, agrippée au coussin de mon canapé, les yeux grands ouverts à en oublier des respirer normalement. On a oublié la fatigue, et on s’est retrouvés avec maverick à se retenir d’aller aux toilettes pour ne pas couper le film. Parce que sous le métal et la vitesse, ce film est d’une profondeur immense. C’est un concentré de nostalgie, de tendresse et d’humanité, qui te ramène à l’essentiel.
La maturité, le temps qui passe et la solitude d’un homme qui ne sait que voler
Les deux films ne sont pas du même genre. Je suis venue pour la romance et je suis repartie avec la tendresse. Ce qui m’a attrapée au collet dès les premières minutes, ce ne sont pas seulement les prouesses techniques, même s’il faut reconnaître que les images sont à couper le souffle de par leur exceptionnelle grandeur. Ce qui a retenu mon attention c’est de découvrir un héros marqué par le temps. Mon mari a toujours eu des airs de tom cruise….. plus jeune c’était impressionnant. Et de voir le visage de Tommy aussi fatigué j’y ai vu un effet miroir avec lui. Il a changé en 12 ans. Les traits se creusent, le regard se durcit parfois, ….et je pense qu’on le voit tous….. le temps passé, les cheveux blancs après des mois en mer. Les vies d’uniforme prennent beaucoup individuellement et demandent aux familles de soutenir coûte que coûte tous les changements, les redirections et les revirements à l’image d’un avion sans pilote dans le ciel. C’est compliqué, difficile mais pas impossible. Les Pete « Maverick » Mitchell ne sont plus aussi jeunes. Ils ne sont plus les coq insolents, insupportables et invincibles des années 80. Ils sont devenus des hommes mûrs, avec les doutes, les regrets et le poids invisible qu’ils finissent par porter sur les épaules.
En parlant du héros, on voit le bilan rapidement. Sa vie personnelle est un vaste chantier, on le retrouve quasiment au même grade des années après? Que s’est il passé? Ses histoires d’amour ont capoté, les unes après les autres… mais comment pourrait-il en être autrement ? C’est un homme qui vit toujours là-haut, suspendu entre deux nuages, incapable de poser véritablement ses bagages au sol. Il habite un hangar désaffecté, entouré d’outils, d’un vieil avion qu’il retape avec patience et de photos jaunies par le temps. C’est l’image même de la solitude d’un homme qui s’accroche désespérément à ce qui était, parce qu’il a une peur bleue de ce qui sera. Red flag comme diraient les jeunes? Certainement pour ceux qui n’ont pas approché les vieux lions et les vieux loups des uniformes. J’ai eu la chance de commencer par rencontrer les anciens avant de rencontrer les coqs insolents. J’ai eu cette chance de pouvoir discuter avec eux et d’échanger sur cette vie un peu hors norme. Je savais à quoi m’attendre même si souvent il y a une frontière entre le prévisionnel et le réel.
Mais cette déconnexion avec l’avenir est je l’avais déjà perçue et Maverick étonne par la justesse, en tendant ce miroir. Que devient-il de ceux qui ne vivent que pour demain sans se soucier du plus tard. On se retrouve face à un être coincé dans le passé, incapable de fermer la porte de ses regrets. Il porte en lui un deuil mal fini, qui ressemble beaucoup plus à une plaie béante jamais cicatrisée : la perte tragique de son meilleur ami Goose, survenue trente ans plus tôt. trente ans. Trente ans c’est long. Trente ans qui continuent à influencer tous ses choix relationnels, amicales, professionnels. Et la question se pose les vivants se remettent ils du départ des morts? Chaque décision qu’il prend, chaque réserve qu’il émet, chaque regard qu’il pose sur le jeune Rooster, le fils de Goose est empreint de cette culpabilité dévorante. Au point qu’il va tout faire pour l’empêcher de voler. On aborde la question du trauma en filigrane sans le dire. Maverick est traumatisé par la mort de son ami et a erré.
Et pourtant, tout autour de lui, le monde a changé. Ses vieux amis ont vieilli, la maladie s’en mêle, la vie suit son cours inévitable avec son lot de pertes et de séparations. Il voit le cycle de la vie s’accomplir, implacable, tandis que lui tente de figer le temps en restant aux commandes d’un jet. Cette détresse silencieuse est d’autant plus cinglante, que sa carrière militaire touche à sa fin….. On y voit un homme poussé vers la sortie par une institution moderne qui n’a plus besoin de lui. Mais qui lui a donné sa vie pour cette institution. Maverick c’est l’histoire de milliers d’hommes qui font le don d’uniforme à travers le monde et le temps. Rare est le portrait de ces hommes. Il touche ce qu’il y a de profondément humain, vulnérable. Miroir de ceux qui se battent pour garder une place dans un monde qui veulent les effacer.
La lumière au milieu du chaos : les retrouvailles avec Penny
Au milieu de toute cette tension, de ce rythme effréné et de ce monde qui s’effondre doucement autour de lui, il y a une bulle de douceur qui apparait, et on se demande si un homme comme lui aussi farouche sera capable de s’y aventurer et de reconnaitre pour une fois ce qui pourrait l’apaiser. le personnage de Penny.
On découvre le personnage. Une femme d’un certain âge tenant un bar de militaires, bien dans sa vie, radieuse. Maman célibataire, on la sent bien. Cette retrouvaille inattendue dans son bar au bord de l’eau, alors que tout pousse Maverick vers la porte de sortie, c’est peut-être ce que j’ai préféré. Parce que c’est un croisement dans une vie, celle de saisir l’occasion ou de la laisser filer. Celle de se lancer dans une aventure amoureuse encore une fois, ou de laisser tomber par a priori. On souhaite que Maverick soit capable de laisser Pete Mitchell avoir un moment de paix. On lui veut cette fin heureuse. Ce qui est différent et c’est un vrai souffle de fraicheur, c’est que l’intérêt amoureux n’est pas une amourette de jeunesse artificielle ou un coup de foudre d’adolescents forcé. C’est une histoire d’amour qui démarre entre deux adultes qui se connaissent par cœur, qui se sont déjà perdus, déjà retrouvés, et qui connaissent leurs failles respectives sans chercher à les cacher. çà redonne de l’espoir que l’amour se trouve à n’importe quel âge et qu’il n’y a pas de règles.
Une belle mélodie pour les conjoints. Penny est à l’image de touts les conjoints qui sont des rocks solides. Point d’ancrage, refuge, port calme dans la tempête où il peut enfin poser l’armure. Les scènes entre eux sont baignées d’une tendresse infinie, de regards complices et d’un amour sans enfantillages. On sent la chaleur du soleil couchant, le bruit du vent dans les voiles de son bateau, la texture du bois et du sable. Il y a une pudeur magnifique dans leur façon de s’aimer, en respirant. j’aime l’absence de drama entre deux personnes matures. certains diront çà manque de saveur, je la trouve parfaite. parce que les tensions il y en a eu. Mais ce qu’ils cherchent c’est juste la paix.
En gros, une cette promesse implicite que les histoires d’amour d’hommes et de femmes mûrs ne sont pas vouées à se finir dans la solitude. A l’heure où ma génération a vu tellement de divorces sur la génération précédente, c’est réparateur à voir ce pilote solitaire, habituellement condamné à repartir seul vers l’horizon, trouver enfin une main à tenir. Ça réchauffe le cœur de façon durable.
Une claque visuelle et la magie de Lady Gaga : un hymne qui résonne
Si l’histoire d’amour, du deuil et de la nostalgie m’ont à ce point saisie, c’est aussi parce que le film est un chef-d’œuvre visuel et sonore. La couleur du film est somptueuse : ces teintes dorées de fin de journée, ces contrastes profonds entre le bleu du ciel et l’ocre de la terre, cette matière brute qu’on peut encore une fois presque toucher du doigt, c’est magique dans notre monde ultra virtuel. On sent la chaleur du métal, le grain de la peau, la poussière du désert et la sueur des visages.
Et puis… la musique. par la culotte de merlin! La musique !
La bande-son tout entière est d’une puissance émotionnelle, mais c’est la chanson Hold My Hand de Lady Gaga qui a totalement fait basculer mon expérience. Pour moi, c’est tout simplement la meilleure ballade qu’elle ait jamais écrite. Elle y a mis une âme, une urgence, une vulnérabilité bouleversante qui épouse chaque plan du film.
Les paroles résonnent tellement fort… C’est devenu l’hymne officiel de ma propre histoire d’amour. On l’écoute en boucle à la maison, encore et encore, sans jamais s’en lasser. je l’ai écouté en boucle pendant six mois tous les jours avec des émotions différentes. À chaque fois que les premières notes retentissent, j’ai les frissons qui traversent les bras et ce serrement au cœur qui a fini par devenir familier avec le temps. La chanson dit exactement ce que le film montre : « Ne lâche pas ma main, pleure ce soir si tu en as besoin, mais je serai là au milieu de la nuit. » C’est le cri du cœur de deux êtres qui décident de se soutenir au milieu du chaos, d’être le refuge l’un de l’autre quand tout le reste s’écroule. cet album je l’ai écouté dans les alpes, au milieu de champ des myosotis, au doux nom de forget me not en anglais….. Lady gaga a réussi le prodige de mettre la nostalgie, le deuil et la confiance dans la vie en une seule mélodie.
Ce fil rouge avec la vie militaire et le goût du dépassement
En tant que lectrice ou contributrice de la rubrique avec mon petit grain de sel. En couple avec un militaire, tu te doutes bien que toutes ces thématiques d’engagement, d’attente et de risque résonnent avec une intensité toute particulière chez moi. C’est une réalité que je comprends de l’intérieur, avec sa beauté exigeante et ses peines silencieuses. Mon cœur a chaviré pour le sourire de pete Mictehll, je veux dire j’ai un cœur parfaitement fonctionnel…..
Mais ce que le film montre avec une sincérité désarmante, c’est la réalité de cette vie sous les drapeaux : cette fraternité d’armes, cet esprit de corps où la vie de chacun dépend entièrement de celui qui vole à ses côtés, des équipes avec qui ils travaillent jour et nuit pendant des mois. Et surtout l’importance de ceux qui restent malgré les missions, les années et les déplacements à travers l’hexagone. La relation entre Maverick et les jeunes pilotes qu’il doit former à une mission réputée impossible est d’une richesse incroyable. On y voit de l’arrogance au début, bien sûr, mais surtout une transmission poignante entre les générations.
La scène de retrouvailles entre Maverick et son ancien rival devenu son plus fidèle soutien, Tom « Iceman » Kazansky, est un sommet de pudeur et d’émotion. Deux vieux compagnons de route, marqués par les épreuves et les années, qui se comprennent d’un simple regard. Tout est dit dans cette étreinte finale. C’est cet hommage à la loyauté, au respect de la parole donnée et à l’amitié indéfectible qui donne au film toute sa noblesse. Bon si tu connais le projet de la grotte du cygne amoureux, tu me connais…..
Une fin réparatrice pour les amoureux du beau
En refermant cette parenthèse, j’étais scotchée sur mon canapé, le cœur plein, avec cette sensation rare d’avoir vécu un moment de cinéma total. Je sais, je sais, j’ai l’impression de me répéter. Mais je te parle que de mes coups de cœur.
Top Gun: Maverick est, contre toute attente, l’un des films les plus profonds que j’ai pu voir ces dernières années sur la vie de militaire. cette facette du temps qui passe est magnifique. Parce qu’il ne cherche pas à nous vendre de la violence gratuite ou de la performance vaine. Il offre exactement ce que je cherche continuellement à travers mes lectures, mes dessins et mes billets de blog : de la nostalgie, de la douceur, de la tendresse, de la poésie et une forme de justice pour les cœurs fatigués.
Il nous montre qu’on a le droit de vieillir, le droit de pleurer ses morts, le droit d’avoir peur du lendemain, mais qu’on a aussi le droit d’être aimé pour ce que l’on est, avec toutes nos blessures et notre passé complexe. Et surtout, il nous prouve que les histoires d’amour et de passion ne doivent pas nécessairement s’achever dans la solitude d’un coucher de soleil mélancolique. Parfois, la plus belle des victoires, et le truc le plus courageux que l’on puisse faire c’est de tendre à nouveau la main vers quelque chose qui nous fait du bien.
Alors, si tu ne l’as pas encore vu ou si tu hésitais à le lancer en te disant que ce n’était « qu’un film d’action », offre-toi ce moment. Prépare-toi des petits encas, pop corn, saucisson, ou fromage, éteins les lumières, allume cette bougie spéciale qui te fait de l’oeil. Et monte le son bien fort, surtout quand la voix de Lady Gaga commence à s’élever.
Et toi, dis-moi ? Est-ce que cette chanson te donne les mêmes frissons qu’à moi ? Comment as-tu vécu ces retrouvailles avec Penny et cette fin si réparatrice ? Viens me raconter tout ça en commentaire, j’ai tellement hâte d’échanger avec toi !
Si cet article t’a touchée, tu peux retrouver mes autres billets sur l’amour, l’attente et le quotidien dans les rubriques « En couple avec un militaire » et « Réenchanter son Quotidien », ou découvrir ma toute dernière collection d’illustrations juste ici sur la boutique.
Découvre l’illustration inspirée par ce film sur le carnet amour et tendresse!

